Kiss


Kiss est un groupe de rock américain fondé dans le Queens à New York en janvier 19731 par le guitariste Paul Stanley (de son vrai nom Stanley Harvey Eisen né en 1952) et le bassiste Gene Simmons (Chaim Witz né en 1949). Très populaire à travers le monde, notamment grâce à leurs maquillages, leurs costumes extravagants, leurs nombreux effets spéciaux sur scène et la célèbre très grande langue de Gene Simmons, Kiss a vendu plus de 19 millions d’albums aux États-Unis2 et plus de 100 millions à l’échelle mondiale3. Les enregistrements du groupe et de ses membres en solo leur ont permis de récolter 24 disques d’or, 9 disques de platine et 10 disques multi-platine pour les seuls États-Unis4,5. On reconnait aussi souvent Kiss pour leurs 2 500 produits dérivés qui se vendent en quantité industrielle, si bien que la « marque » Kiss a été évaluée à 1 milliard de dollars américains6.

Kiss est considéré comme l’un des plus grands groupes de hard rock et également comme le précurseur du glam rock, un genre très populaire durant lesannées 1980.

La formation avec Paul Stanley (chants et guitare rythmique), Gene Simmons (chants et guitare basse), Ace Frehley (guitare solo et chants), et Peter Criss(batteriepercussions et chants) est celle la plus identifiable et ayant eu le plus de succès. Avec leurs maquillages et leurs costumes, ils prirent un style de personnages de comic : le démon (Simmons), l’enfant étoile (Stanley), l’homme de l’espace (Frehley), et l’homme chat (Criss). Le groupe explique que ce sont les fans qui ont choisi les modèles finaux des maquillages. A cause de différences musicales, Criss et Frehley ne faisaient plus parties du groupe en 1982. La fortune commerciale du groupe avait également considérablement diminué.

En 1983, Kiss abandonna son maquillage et profita d’un retour au succès commercial qui dura le reste de la décénnie. Suite au fait qu’une partie des fans du milieu des années 1990 étaient nostalgique de la première formation de Kiss, le groupe annonça une réunion avec la formation originale du groupe avec maquillages et costumes d’époque en 1996. Les tournées en résultant, Alive/Worldwide/Lost Cities/Reunion, furent les tournées les plus lucratives de 1996 et 1997. Criss et Frehley ont depuis quitté le groupe de nouveau et ont été remplacé respectivement par Eric Singer et Tommy Thayer. Le groupe continue de jouer avec son maquillage, bien qu’il ne reste que Stanley et Simmons de la première période maquillage.

Kiss fut nommé par VH1 10e sur leur liste des 100 meilleurs artistes de hard rock7 et 9e dans la liste des meilleurs groupes de metal de MTV8. Le 23 septembre 2009, Kiss fut nommé au Rock and Roll Hall of Fame9, mais le 15 décembre 2009 il fut annoncé que Kiss ne serait finalement pas introduit10.

En 2009, Kiss a sorti son premier album studio depuis 1998, Sonic Boom. L’album s’est hissé à la 2e place des palmarès américains et à la première place des classements Rock albumsHard rock albums et Independant albums, le plus haut dans toute l’histoire du groupe, et le single Modern Day Delilah à la 11eplace.

Sommaire

Histoire du groupe

Des débuts difficiles

Suite à l’échec de leur premier enregistrement (sous le nom de Wicked Lester, album jamais distribué), Paul Stanley et Gene Simmons radicalisent leur approche de la musique et de la scène11,12,13. Rejoints par le batteur Peter Criss et le guitariste Ace Frehley, ils décident d’adopter un look particulièrement théâtral et provocateur, dans la lignée d’Alice Cooper. Ils se démarquent par ailleurs avec un maquillage intégral du visage et des costumes excentriques, ce qui les transforme en véritables super-héros du rock : Gene Simmons est le démon (The Demon), Paul Stanley l’enfant des étoiles (Starchild), Ace Frehley l’as de l’espace (Space Ace) et Peter Criss l’homme chat (Catman).

Gene Simmons crache du sang en concert.

Les premiers pas sont difficiles. Lors du premier concert du groupe, dans un club du Queens à New York, le 30 janvier 1973, seules 3 personnes sont présentes. Déjà, au premier concert, le groupe porte ses maquillages et des costumes en cuir noir achetés dans des boutiques sadomasochistes. Et quelques uns des effets scéniques du groupe apparaissent déjà : Gene Simmons crache du sang et du feu et Paul Stanley détruit sa guitare à la fin du concert. Entre les clubs qui refusent ces énergumènes peinturlurés et les groupes qui craignent d’avoir de dangereux outsiders en première partie, le quatuor peine à trouver des engagements. Deux rencontres s’avèrent alors capitales. La première est celle de Bill Aucoin, manager avisé qui est certain de tenir la perle rare. La seconde est celle de Neil Bogart, directeur de Casablanca Records et à la recherche de stars pour son nouveau label. Aucoin convainc Bogart de signer Kiss sur la seule foi d’une démo prometteuse. Le groupe rentre en studio fin 1973 pour enregistrer son premier album. Le 31 décembre 1973, Kiss joue en première partie de Blue Öyster Cult à l’Academy Of Music de New York. Durant ce concert, Gene Simmons met accidentellement le feu à ses cheveux lors de son traditionnel numéro de démon cracheur de feu14. Début 1974 sort le premier album homonyme du groupe. Y figurent notamment StrutterNothin’ to LoseCold GinBlack Diamond,Firehouse et Deuce. En dépit d’une campagne publicitaire monstre, le disque ne fait qu’une timide entrée dans le Top 100 américain. Le groupe fait sa première apparition à la télévision et joue Black Diamond. Les critiques descendent le quatuor sans vergogne et lui promettent un sort funeste.

Après une courte série de concerts, Kiss retourne en studio et sort Hotter Than Hell en novembre 1974. Le ton se durcit (Parasite), devient sombre et inquiétant « à la Black Sabbath » (Watchin’ You) mais reste aussi dans le son purement kissien (Hotter Than HellGot to ChooseLet Me Go, Rock N’ Roll) mais le succès n’est toujours pas au rendez vous. Le groupe quadrille alors tout le continent en exposant un show riche en couleurs (en plus des crachats de sang et de feu de Simmons et de la destruction de la guitare de Stanley, le groupe utilise des jets de flammes et de fumée, des explosions et une pluie de confetti, sans compter Ace Frehley qui met le feu à sa guitare après son solo et Peter Criss qui s’élève dans les airs avec sa batterie) et commence à se forger une base de fans de plus en plus large.

Début 1975, Dressed to Kill (no 37 US) est dans les bacs. Malgré des résultats encourageants et quelques hits mineurs sur les radios de New York et de Détroit (SheC’mon and Love MeRock and Roll All Nite), Bogart est au bord de la faillite car les investissements consentis sont très loin d’être compensés. Aucoin décide alors de jouer le tout pour le tout. Constatant que, en dépit de la faiblesse des ventes, le groupe parvient à réunir des foules de plus en plus grandes, il décide d’organiser quelques concerts dans les grandes arènes du pays pour enregistrer un album live. Il va jusqu’à vider son compte personnel pour financer le projet. Pendant l’été, Kiss joue en tête d’affiche devant 12 000 spectateurs au Cobo Hall de Détroit.

À la rentrée, Alive! voit le jour. Tout le monde croise les doigts mais le suspense est de courte durée. Deux semaines après sa sortie (no 9 US), il est disque d’or, devenant quadruple platine avec le temps.

Kissmania[modifier]

Kiss sur scène en 2008.

En quelques semaines, Kiss devient un des plus grands groupes de rock américain. Les fans forment ce qui devient rapidement la « Kiss Army ». Dans la foulée, la version live de Rock and Roll All Nite entre dans le Top 20 et un marchandisage juteux commence à voir le jour. Il est cependant temps de retourner en studio afin de prouver que le groupe est aussi capable sur scène que sur album. Kiss fait alors appel à un des plus grands producteurs du moment, Bob Ezrin (producteur, entre autres, de Pink FloydLou ReedAlice Cooper). Ses relations avec Ace Frehley deviennent vite orageuses au point que celui-ci sera remplacé sur plusieurs prises.Destroyer (no 11 aux É-U) voit le jour en avril en 1976 et atteint le statut de disque de platine rien qu’avec les pré-commandes. Il s’impose globalement comme un grand classique du rock US grâce à des titres comme Detroit Rock CityShout It Out LoudGod of Thunder et Beth, la ballade chantée par Peter Criss qui se vend à plus d’un million d’exemplaires. Grâce à cette « sucrerie », le quatuor cesse d’être perçu comme une entité maléfique et voit sa popularité franchir un nouveau seuil.

Après une première tournée en Europe, le groupe balaye une nouvelle fois les États-Unis. La tournée Destroyer, baptisée Spirit of ’76, est encore plus spectaculaire: en plus des effets traditionnels, le groupe y ajoute des feux d’artifices et des systèmes de son puissant, faisant de Kiss l’un des groupes les plus bruyants de son époque. Le groupe et ses artifices se mettent en œuvre sur une scène apocalyptique, avec un décor médiéval en ruines d’un côté et un monde extra-terrestre de l’autre. En août 1976, le groupe obtient la consécration en jouant en tête d’affiche au Anaheim Stadium (Californie) devant 55 000 fans.

En septembre c’est le retour en studio, cette fois sous la houlette d’Eddie Kramer (producteur, entre autres, de Jimi Hendrix). Désirant revenir à la rugosité de ses premiers albums, Kiss s’enferme dans un théâtre désaffecté du New Jersey pour les enregistrements afin d’y retrouver le son live du groupe. Comme le dira Eddie Kramer: « Nous avons là capturé sans aucun doute l’esprit live de Kiss ». Le Nanuet Théâtre possédait une infinie variété de conditions acoustiques. Le groupe a répété et joué les bases dans le salon d’exposition. Un tunnel sous la scène fut utilisé pour relever les basses. Des micros tout autour du périmètre de la salle elle-même capturaient le son live total. Les guitares acoustiques furent enregistrées dans le guichet de vente des tickets. Ce retour à un rock basique n’empêche pas Rock and Roll Over (no 11 aux É-U), sorti en fin d’année, de devenir à son tour double platine. Avec cet album, le groupe étale son côté libidineux et machiste, Paul Stanley avec Makin’ Love et Take Me, Gene Simmons avec Calling Dr. LoveLadies Room et Love ‘Em Leave ‘Em.

Gene Simmons et Kiss en concert à Munich en 2008

Le groupe reçoit alors les honneurs d’une bande dessinée à son nom éditée chez Marvel. Pour en faire la promotion, les musiciens acceptent de donner un peu de leur sang pour l’encre rouge. Ce premier numéro restera la meilleure vente de Marvel pendant dix ans. Kiss s’envole ensuite pour le Japon, lui aussi secoué par une véritable Kiss mania. En remplissant quatre fois le Budokan de Tokyo, le groupe bat le record d’affluence des Beatles. L’année suivante, Kiss battra son propre record en le remplissant 5 soirs sold-out.

C’est à cette époque que des tensions internes naissent au sein de la formation. Ace Frehley et Peter Criss supportent de plus en plus mal le succès de Kiss. Les deux musiciens connaissent par ailleurs des problèmes de drogue et d’alcool de plus en plus préoccupants.

Malgré cela, Kiss est à nouveau au travail dès les premiers jours de 1977, toujours avec Eddie Kramer. Avec Love Gun (no 4 aux É-U), Kiss atteint le haut des classements. Le groupe lance, avec cet album, une nouvelle poignée de classiques: Love GunChristine SixteenShock Me (avec Ace Frehley au chant pour la première fois) et I Stole Your Love et la nouvelle tournée américaine est la plus spectaculaire que le groupe ait donnée, avec une nouvelle scène encore plus grande, encore plus de feux d’artifice, un dragon cracheur de feu aux côtés de Gene ainsi que deux plates-formes de chaque côté de la scène pour y amener le groupe en début de concert. Les trois concerts du Forum de Los Angeles sont enregistrés en vue d’un nouvel album live. Après la sortie de Alive II (no 7 aux É-U), il devient évident que seules des vacances prolongées peuvent éviter une séparation définitive.

Cette absence n’empêche pas les caisses du groupe et de son entreprise de produits dérivés Niocua (Aucoin à l’envers) de se remplir. D’abord, la compilation Double Platinum (no 22 aux É-U) occupe le terrain. Ensuite, sans compter une nouvelle bande dessinée Marvel, les objets à l’effigie du groupe (flipper, poupées, tasses, etc.) envahissent le marché. On parle même d’un projet de parc d’attractions.

Le 22 juin 1977, un sondage Gallup élit Kiss groupe numéro 1 en Amérique. Le groupe gagnera à nouveau ce titre en 1978 et en 1979.

Le groupe décide de se lancer dans une entreprise inédite : l’enregistrement de l’album solo de chacun des membres du groupe, paraissant tous, de façon simultanée, sous le nom de Kiss. Les quatre disques sortent en 1978 et connaissent des succès divers. La palme revient à celui d’Ace Frehley qui est à la fois celui dont la conception a été la moins coûteuse et qui reçoit l’accueil le plus favorable. Il bénéficie même d’un succès radio avec le titre New York Groove. Le guitariste pense alors qu’il peut sans problème se lancer en solo et la paire Simmons/Stanley va devoir promettre des concessions pour le retenir. Casablanca Records se vante d’un total de cinq millions de pré-commandes pour les quatre disques mais un bon nombre, surtout pour Criss et Simmons, seront annulées.

Peu après, le quatuor se retrouve pour le tournage d’un téléfilm, Kiss Meets the Phantom of the Park (Kiss contre les fantômes en France) qui n’ajoute rien à sa gloire. C’est un succès d’audience pour la chaine NBC, mais un désastre pour l’image du groupe.

Kiss commence à songer à son retour sur disque alors que la vague disco fait fureur, menaçant les plus solides bastions du hard rock. Simmons et Stanley optent finalement pour le compromis et font appel à Vinnie Poncia, producteur spécialisé dans la musique de discothèque.

Grandeur et décadence

Dès le début des sessions d’enregistrement, l’état de santé de Peter Criss s’avère très préoccupant. Il est finalement remplacé sur presque tous les titres par Anton Fig, un batteur de studio qui avait travaillé avec Frehley. Dynasty (no 9 aux É-U) sort début 1979 et connaît un succès fulgurant grâce au tube hard/disco I Was Made For Lovin’ You qui explose à l’échelle mondiale.

KISS à Munich en 2008.

Tout semble aller pour le mieux et pourtant le groupe est toujours au bord de l’explosion. La tournée américaine (malgré un show toujours plus impressionnant avec Ace Frehley qui tire des feux d’artifice avec sa guitare et Gene Simmons qui s’envole dans les airs) ne rencontre pas la même ferveur que la précédente. Alors que les fans les plus durs boudent le virage commercial du quatuor, les salles se remplissent désormais de jeunes enfants accompagnés de leurs parents. Kiss n’a plus rien à voir avec un groupe de rock et la Kiss mania semble tourner à l’overdose. Englués dans leurs personnages imaginaires, les musiciens ne contrôlent plus rien. Ne se basant que sur les ventes, ils accordent une nouvelle fois leur confiance à Poncia pour l’album suivant auquel Criss, bien que crédité, ne participe pas. Paru l’année suivante, Unmasked (no 35 É-U) peine à décrocher le disque d’or. Musicalement noyé par les arrangements de Poncia, le disque est alors la cible de la presse qui peut enfin se venger d’un groupe dont elle avait annoncé prématurément la fin.

Peter Criss est congédié peu après et est remplacé par Eric Carr (de son vrai nom Paul Caravello, au maquillage de renard) pour la tournée à venir, dont la mise en scène est sensiblement la même que celle de la dernière tournée. Après un unique concert aux États-Unis, Kiss s’envole pour l’Europe où il est accompagné par un groupe britannique alors inconnu, Iron Maiden, mais qui lui vole la vedette. Le quatuor se rend ensuite en Australie où les plus grands stades affichent complet en quelques heures. À Sydney, Kiss joue l’un de ses concerts les plus marquants.

De retour au bercail, le groupe rappelle Bob Ezrin en vue du prochain album : un ambitieux album-concept accompagné d’un film dans la lignée du The Wall dePink Floyd produit par le même Ezrin. Mais les difficultés s’accumulent. Frehley, désireux d’un retour à un rock pur et dur, est dès le départ hostile et rentre à nouveau en conflit avec le producteur. Eric Carr a pour sa part déclaré, dans une interview publiée après sa mort, qu’il avait « tout fait pour dissuader [les autres membres du groupe] de sortir un concept album », leur martelant que les fans voulaient un retour au hard rock pur et dur. Suite à des problèmes de script, la réalisation du film est abandonnée et quelques mois après la sortie de l’album, Neil Bogart, l’autre éminence grise du groupe, décède des suites d’une longue maladie.

Après un séjour prolongé en studio, Music from « The Elder » (no 75 au É-U) voit le jour en 1981 et est un échec commercial complet. On dénonce son caractère prétentieux et les nouvelles expérimentations qui ont vu Kiss passer de la musique de club aux orchestres à vent et à corde. L’album étant passé totalement inaperçu, il est impossible pour le groupe de partir en tournée, et Kiss rompt avec son manager, Bill Aucoin. Ce serait à la suite d’une violente dispute entre Gene Simmons et Ace Frehley lors de l’enregistrement de the Elder que Frehley aurait pris la décision de quitter le groupe. Celui-ci aurait en outre pulvérisé la maquette après avoir constaté que Bob Ezrin, avec qui il ne s’est jamais entendu, avait amputé une majorité de ses parties de guitare.

Il est temps de revenir aux fondamentaux. Le groupe s’enferme en studio pour enregistrer des morceaux plus classiques qui figurent sur une nouvelle compilation sortie l’année suivante, Killers, a la demande de la compagnie de disques. Peu après, Frehley est victime d’un grave accident de voiture et se retrouve immobilisé pendant plusieurs mois. Il en profite malheureusement pour ajouter à ses problèmes d’alcool le goût des médicaments. Pour pallier l’absence de son guitariste, Kiss engage plusieurs musiciens de remplacement pour l’album Creatures of the Night (no 45 aux É-U) qui marque une nette modernisation et un retour vers le hard rock pur et dur. Des chansons comme Creatures of the NightI Love It LoudWar Machine et Rock and Roll Hell en témoignent. On sait aujourd’hui que ce nouveau son était en grande partie dû àVinnie Vincent, guitariste « fantôme » des enregistrements qui va bientôt éclipser Frehley. Bien qu’il figure sur la pochette, ce dernier annonce peu avant la tournée qu’il quitte le groupe.

Aux États-Unis, le virage hard-disco du groupe en 1979 a causé un traumatisme trop fort, ce qui fait que même ce fabuleux retour vers le hard rock ne permet pas de ramener tous les anciens fans. Kiss joue donc dans des salles loin d’être remplies (malgré un show décidément toujours plus fou où la batterie est disposée sur un char d’assaut qui tire des roquettes durant le concert), mais en Amérique du Sud sa gloire semble intacte puisqu’au stade Maracana de Rio, le groupe réunit 137 000 spectateurs pour un show unique, puis 30 000 à Belo Horizonte et ensuite 65 000 à Sao Paulo. Kiss est véritablement retourné vers le hard rock pur et dur. La batterie de Eric Carr et la guitare de Vinnie Vincent y sont pour quelque chose. Paul Stanley n’a plus rien à voir avec celui de la période Unmasked. On ne compte plus ses fuck et fuckin’lors des concerts, chose totalement impensable un an auparavant. Preuve que l’on tente d’oublier les années disco: à Sao Paulo, le groupe joue I Love It Loud une 2e fois dans le même concert au lieu de jouer I Was Made For Lovin’ You comme prévu.

Bas les masques

À ce moment, Stanley, Simmons, Carr et Vincent mettent la dernière main à leur nouvel album. Peu avant sa sortie, ils font sensation en apparaissant pour la première fois sans maquillage dans une émission spéciale sur MTV. Le fait que Kiss abandonne son maquillage pour de bon causa tout un choc parmi les fans du groupe. Lick It Up (no 24 aux É-U) bénéficie de ce gros coup de publicité et devient le premier disque de platine du groupe depuis Dynasty. La tournée mondiale qui suit fait figure de reconquête, mais malgré son grand succès, la tournée Lick It Up nous démontre que Kiss n’était pas au mieux de sa forme depuis Dynasty: le groupe connaissait des difficultés financières en raison de l’échec de Dynasty, Unmasked, The Elder et le demi-succès de la tournée Creatures of the Night[réf. nécessaire], les effets pyrotechniques sont donc bien moins nombreux dans la tournée Lick It Up et les décors et effets scéniques sont les mêmes que lors de la précédente tournée, à l’exception du fait que Gene Simmons ne crache désormais plus de sang. Mais le succès de l’album et de cette tournée permet à Kiss de retrouver le statut qu’il avait acquis dans les années 1970. Le retour de Kiss fait même augmenter les ventes des albums précédents, Creatures of the Night entre autres.

Pourtant, la sauce ne prend pas entre Vinnie Vincent et les deux meneurs de Kiss qui refusent de le voir trop se mêler de la direction du groupe. Finalement, le guitariste est congédié et est remplacé par Mark St. John. Pendant ce temps, Simmons s’adonne à une vieille passion : le cinéma. Il joue le rôle du méchant face à Tom Selleck dans Runaway, un film de science-fiction de Michael Crichton. Il rejoint ensuite Stanley pour les besoins du nouvel album qui pour la première fois est intégralement produit par les deux leaders.

Animalize (no 19 aux É-U) dépasse les ventes de son prédécesseur, notamment grâce au single Heaven’s on Fire, dont le vidéo-clip passe en boucle sur MTV. Animalize marque pourtant le début de la décadence discographique du groupe qui s’entoure de compositeurs extérieurs (Desmond Child) et souffre du manque d’investissement de Gene Simmons (cinéma, production, etc.). Stanley devient progressivement la figure de proue de ce Kiss nouveau grâce à sa plus grande versatilité et à ses compositions taillées pour le rock des années 1980. De plus, l’adoption d’un look glam metal proche de celui de Mötley CrüeRatt ouDokken ancre Kiss dans une mode éphémère dont il avait pourtant été un précurseur.

Pour l’heure, le groupe entame une nouvelle tournée mondiale mais St John est atteint d’un syndrome paralysant et il doit être remplacé en catastrophe par Bruce Kulick, quatrième guitariste du groupe en trois ans. La tournée Animalize est un succès et Kiss remplit à nouveau les stades, avec les effets scéniques traditionnels: explosions et feux d’artifice, plate-forme qui emmène le groupe sur scène, crachat de feu par Simmons et destruction de la guitare de Stanley. Le concert de Détroit est filmé et commercialisé sous le titre Kiss Animalize Live And Uncensored.

En 1985, Kiss revient avec Asylum (no 20 aux É-U). Le groupe utilise les nouvelles possibilités du clip pour garantir sa présence sur MTVUh! All Night et Tears Are Falling envahissent les ondes. La stratégie semble payante puisque lors de la tournée suivante, la popularité du quatuor atteint de nouveaux sommets et lui permet de renouer avec les shows à grand spectacle, où les pluies de confettis sont de retours et où c’est maintenant Gene Simmons qui tire des feux d’artifice avec sa basse. De plus, Kiss déploie un matériel sonore imposant avec une puissance de 120 décibels. La demande est telle que le groupe prolonge sa tournée américaine jusqu’à l’été 1986, annulant au passage son apparition au festival Monsters of Rock en Angleterre.

Stanley et Simmons jugent le moment opportun pour frapper un grand coup et talonner les Bon Jovi et autres artistes alors au sommet du Billboard. Ils font donc appel au producteur Ron Nevison qui est au hard commercial ce que Poncia était au disco. Paru en 1987Crazy Nights (no 18 aux É-U) est logiquement l’album le plus commercial du groupe depuis Music from « The Elder ». Le style du groupe a changé. Alors qu’il glissait musicalement et dans l’habillement vers le style glam metal de Mötley CrüeCinderellaWarrantDokken et Ratt, le groupe retourne vers les vêtements de cuir noir « rock » et tombe maintenant, sur le plan musical, dans le hard FM à la Bon Jovi avec des chansons comme Crazy Crazy Nights et la ballade Reason to Live. La tournée qui suit Crazy Nights témoigne pourtant d’une certaine usure. Si en Angleterre ou au Japon, le quatuor fait toujours le plein, les États-Unis semblent se lasser de ses anciens super-héros devenus trop aseptisés. Kiss fait malgré tout un carton en seconde position des Monsters of Rock de 1988devant plus de 100 000 spectateurs. Kiss triomphe également la même année au Budokan Hall de Tokyo.

Malgré cela, la séparation semble proche. Simmons s’investit de moins en moins et Stanley entreprend même une tournée des clubs en solo. Avec l’épuisement proche du hard FM, Kiss devient la risée de la nouvelle génération.

Une longue transition

Le groupe est pourtant bientôt de retour en studio pour mettre en boîte quelques inédits pour la nouvelle compilations Smashes, Trashes And Hits (no 22 aux É-U et double platine). L’année suivante paraît Hot in the Shade (no 29 aux É-U) qui, en dépit d’un premier single convaincant (Rise to It) ne provoque que peu d’enthousiasme. Kiss hésite à se risquer dans une nouvelle tournée jusqu’aux premiers mois de 1990 quand la ballade Forever grimpe jusqu’à la 8e place des classements américains. L’album est relancé par ce succès surprise, et ce sans compter le vidéo-clip de Hide Your Heart qui occupe MTV, et le quatuor honore finalement plus de 150 dates pendant l’année. Cette tournée est un grand succès marquera les esprits avec des explosions, des lasers et une immense statue du Sphinx sur scène.

Kiss à Helsinki en 2008.

Pour la bande originale d’un film, Kiss enregistre la reprise de la chanson God Gave Rock N’ Roll To You. Les deux leaders se décident finalement à créer un nouvel album et contactent Bob Ezrin. Le producteur accepte, à une condition : se remettre sérieusement au travail. Les grandes manœuvres commencent mais Eric Carr tombe malade. Le batteur est atteint d’un cancer et décède fin 1991. Après quelque temps d’hésitations, les trois survivants décident de continuer et engagent Eric SingerRevenge (no 6 aux É-U) voit le jour en 1992 et reçoit un accueil digne du travail effectué. Revenge est l’album de Kiss le plus heavy depuis Creatures of the Night et nous montre que Gene Simmons est de retour avec des chansons très heavy comme Unholy mais aussi des titres très rock Domino et Thou Shalt Not. Mais Paul Stanley ne se retire pas pour autant et nous propose de nouveaux hits tels que I Just Wanna. La tournée qui suit est spectaculaire avec explosions, lasers, des strip-teaseuses lors de la chanson Take It Off et une immense Statue de la Liberté située derrière Eric Singer sur scène. Lors du concert, sous une multitude d’explosions et d’effets pyrotechniques, le visage de la Statue s’effondre pour révéler un crâne aux yeux rouges. Malgré tout, la tournée Revenge peine à faire le plein et donne lieu à un Alive III (no 9 aux É-U) qui est très critiqué pour ses nombreuses retouches en studio.

Kiss a tout de même retrouvé sa crédibilité et commence à miser sérieusement sur sa légende pour en imposer à la jeunesse de cette fin de siècle. Première étape : la réalisation de l’album-hommage Kiss My Ass (no 20 aux É-U), sur lequel on retrouve notamment Yoshiki (de X Japan), Lenny KravitzAnthrax ou encore Garth Brooks. Le disque est un des plus grands succès du genre et est l’occasion d’une cohorte de témoignages de fans de longue date comme Dimebag Darrell dePantera. Le quatuor se retrouve peu après en tête d’affiche de la tournée sud américaine des Monsters of Rock de 1994 puis joue en Australie et au Japon.

Parallèlement, le groupe fête ses vingt ans d’existence et crée les Kiss Conventions, sorte de musée itinérant où l’on retrouve une collection de tous les produits dérivés des années 1970 et les instruments des musiciens. On y assiste également aux concerts de groupes sosies maquillés et déguisés comme Kiss mais aussi à des prestations unplugged du vrai groupe. Malgré un prix d’entrée exorbitant (100 $ de l’époque), la formule cartonne à travers les États-Unis. Point d’orgue, Peter Criss accepte d’apparaître sur scène avec ses anciens collègues lors d’un des concerts. Une rumeur selon laquelle Frehley en ferait bientôt de même commence alors à se répandre dans la presse américaine.

Un fort courant de nostalgie envers l’ancienne formation se développe au même moment, tant de la part des vieux fans que de la nouvelle génération qui rêve de voir en vrai le « rock n’roll circus » dont on persiste à faire la commémoration. Cependant, Stanley et Simmons sont alors en train de parachever un nouvel album studio, Carnival of Souls (toujours avec Kulick et Singer). Les premiers échos des quelques critiques rock à l’avoir entendu sont très favorables, mais sa sortie est mystérieusement repoussée.

Cirque, rock et business

Kiss en concert en Calfornie, 2006. Paul Stanley est à droite, Tommy Thayer à gauche.

En 1995, Kiss annonce qu’il va se plier au rituel du MTV Unplugged. Rien d’illogique à cela vu l’enthousiasme suscité par les récents concerts acoustiques du quatuor lors des conventions. Frehley et Criss sont conviés pour les derniers morceaux lors de retrouvailles qui sentent la mise en scène.

MTV Unplugged (no 15 aux É-U) sort au début de l’Eté. Il ne provoque pas de véritable raz de marée, tout le monde étant déjà tourné vers la suite, l’annonce hypothétique de la reformation de la formation originale avec maquillages et costumes d’époque. Officiellement, Kiss s’apprête toujours à sortir son nouvel album studio et la paire Stanley/Simmons profite de l’intérêt médiatique pour promouvoir un luxueux ouvrage sur le groupe, Kisstory de plus de 400 pages et réservé aux fans les plus fortunés.

Le suspense prend fin lors d’une conférence de presse pour laquelle Kiss a réservé un porte-avions de l’US Navy, l’U.S.S. Intrepid. Stanley, Simmons, Frehley et Criss apparaissent maquillés dans les costumes de la tournée de 1977 et annoncent une gigantesque tournée américaine pour marquer la réunion des membres originaux et qui doit dépasser en spectacle tout ce qui a déjà été fait. Tous les billets de ce Reunion Tour partent en quelques jours (27 minutes pour les 47 000 places du premier soir au Tiger Stadium de Detroit). On parle d’un cachet de plusieurs millions de dollars pour chaque musicien.

En quelques mois, la tournée devient la plus lucrative de l’année (150 millions de dollars de profits) et ne tarde pas à se transformer en tournée mondiale. Tous les effets de scène des années 1970, sans exception, sont repris. Kulick jette l’éponge et annonce qu’il ne compte pas attendre un éventuel retour de ses deux ex-patrons. Cette reformation qui devait d’abord n’être que provisoire semble au final définitive. Kiss joue avec costumes, maquillage et effets de scène spectaculaires au MTV Video Music Award à New York en 1996. Carnival of Souls: the Final Sessions (no 27 aux É-U) sort finalement en 1997 en tant qu’album semi officiel dans le simple but de rentabiliser les frais de l’enregistrement.

À la fin de la tournée, le Kiss original retourne en studio pour la première fois depuis 1979. Psycho Circus (no 3 aux É-U), auquel Criss et Frehley ont en fait très peu participé, paraît en 1998 mais il semble que la musique n’est plus la préoccupation principale. Kiss est redevenu une formidable machine à capter les dollars via un marchandisage intensif. La tournée a beaucoup de succès, le concert reprend les mêmes effets que la tournée de réunion, mais en y ajoutant un artifice de taille: un écran géant qui projète des images en 3-D, ce qui nécessite évidemment des lunettes 3-D.

Kiss à Stockholm en 2008.

À partir de 2001, Kiss présente la tournée Farewell Tour (« Tournée d’Adieu »), qui propose un show toujours plus grandiose et un système d’éclairage jamais vu auparavant. La tournée est extraordinairement lucrative, Kiss concluant même les Jeux Olympiques de 2002 et le Super Bowl de la même année. Les tensions entre les membres du groupe finissent néanmoins par éclater au grand jour : Peter Criss quitte le groupe en janvier 2001 pour protester contre le montant de sa rémunération, qui aurait été inférieur à celui d’Ace Frehley. Il sera remplacé par Eric Singer, qui avait déjà occupé ce poste entre 1991 et 1996. Singer portera le maquillage et le costume de Criss, ce qui suscitera une vive polémique parmi les fans. A la fin de la tournée, c’est au tour de Frehley lui-même de tirer sa révérence. Le guitariste avait en effet déclaré, lors de la reformation du groupe originel, qu’il « ne se voyait pas plus de 4 ou 5 ans sur cet évènement ». Frehley avait en effet compris que la tournéeFarewell marquerait l’arrêt définitif du groupe, ou du moins la séparation définitive de ses membres d’origine. Logiquement, il déclare donc vouloir mettre un terme à sa collaboration au groupe à l’issue des dates initialement prévues. Mais Gene Simmons et Paul Stanley entendent prolonger l’événement, vu le côté extrêmement lucratif de toute la tournée. Ils projettent donc de nouvelles dates, contre l’avis de Frehley. Gene Simmons déclare alors : « on ne va pas attendre éternellement qu’Ace se décide. S’il ne vient pas, le train partira sans lui ». Le poste de guitariste soliste sera dès lors occupé par Tommy Thayer, le manageur de Kiss, qui avait déjà travaillé avec le groupe sur les albums Hot In The Shade et Psycho Circus. Thayer portera lui aussi le costume et le maquillage du « Spaceman » dessiné par Ace Frehley, alimentant la polémique.

Peter Criss réintègre le groupe fin 2002 pour honorer la fin de son contrat. En 2003, Kiss effectue une tournée commune avec Aerosmith puis enregistre son quatrième album live, Alive IV, mais ils sont cette fois accompagnés par l’orchestre symphonique de Melbourne. La tournée est un succès. Mais les rancœurs rejaillissent vite et en 2004, Paul Stanley et Gene Simmons décident de ne pas renouveler le contrat de Peter Criss qui se retrouve de fait exclu du groupe.

Kiss retrouve sa vigueur d’antan

À compter de 2004, Peter Criss est définitivement remplacé par Eric Singer. En 2004, Kiss débute une nouvelle tournée mondiale, Rock the Nation Tour, et filment l’un des concert pour sortir Rock the Nation Liveen 2005.

En 2006 et 2007, Kiss ne fait pas de véritable tournée, se contentant de donner quelques concerts aux États-Unis ou au Japon, où le groupe est en tête d’affiche du Udo Music Festival en 2006. La même année, le groupe est introduit aux VH1 Rock Honors en même temps que Judas PriestQueen et Def Leppard. Pour rendre hommage à Kiss, un supergroupe est formé avec Ace Frehley à la guitare, Rob Zombie au chant, Tommy Lee (Mötley Crüe) à la batterie, Slash (ex-Guns N’ RosesVelvet Revolver) à la guitare, Scott Ian (Anthrax) à la basse et Gilby Clarke (ex-Guns N’ Roses) à la guitare. Ce supergroupe joue God of Thunder, puis Kiss monte sur scène avec maquillages, costumes et feux d’artifices pour jouer Detroit Rock CityDeuce et Love Gun. À la fin du gala, le public en redemandant, Kiss joue Makin’ Love comme unique rappel (ce qui est surprenant puisque c’est habituellement Rock And Roll All Nite qui joue ce rôle).

Gene Simmons, Paul Stanley et Eric Singer lors du concert de Kiss à Stockholm en 2008

En juillet 2007, Kiss prévoit de donner quatre concerts aux États-Unis et un en Colombie-britannique, au Canada. Cependant, juste avant le 4econcert américain, à San Jacinto en Californie le 27 juillet 2007, Paul Stanley est dans l’impossibilité de monter sur scène, son cœur battant à 200 pulsations par minute à cause d’une déshydratation sévère. Néanmoins, pour ne pas décevoir les fans, Kiss se produit en trio pour l’unique fois de son histoire. Les chansons de Paul Stanley sont donc supprimées de la setlist, Gene Simmons chantant ses 12 chansons et communiquant avec le public en tant que frontman pour la première fois (rôle qui est depuis toujours dévolu à de Paul Stanley) et Eric Singer chantant ses deux titres.

En janvier et février 2008, Kiss annonce Alive 35, une tournée mondiale destinée à célébrer les 35 ans du groupe. En mars, Kiss fait des concerts en Australie et en Nouvelle-Zélande, concluant notamment le Grand Prix d’Australie de Formule 1 devant 65 000 personnes. Puis, en mai et juin, Kiss revint en Europe pour la première fois depuis 9 ans. En plus de succès immenses en Italie, en Suède, en Allemagne, en France, en Belgique et dans la plupart des autres pays d’Europe, Kiss fait un triomphe en jouant pour la première fois en Russie, en Bulgarie, en Estonie et au Luxembourg, et vole la vedette lors du Download Festival en Angleterre. Kiss joue, sous une multitude d’explosions et de feux d’artifice, une grande partie de l’album Alive!, suivi de six rappels. La partie européenne de la tournée Alive 35 rapporte au groupe près de 35 millions de dollars américains et se classe comme la tournée européenne la plus lucrative de son histoire. Durant le mois d’août 2008, Kiss donne également quatre concerts aux États-Unis.

Kiss poursuit la tournée Alive 35 en avril 2009, avec une série de concerts à guichets fermés dans les stades d’Amérique du Sud. Le groupe profite de ses pauses entre les concerts et dans ses jours de congés pour composer de nouvelles chansons en vue de leur premier album studio depuis 1998. La tournée Alive 35 se poursuit au Canada en juillet 2009 où Kiss bat des records d’affluence aux festivals d’Ottawa (60 000 personnes) et de Sarnia (41 000 personnes) et joue à guichets fermés devant 9 000 personnes à Windsor, 15 000 à Montréal et 92 000 à Québec. Les 25 et 26 septembre, le groupe donne le coup d’envoi d’une tournée nord-américaine en jouant à guichet fermés au Cobo Hall de Détroit. Kiss est le dernier groupe à jouer au légendaire Cobo Hall, car le bâtiment est détruit quelques jours après. La tournée continue avec des concerts au Canada et aux États-Unis et se termine le 16 décembre 2009. Le 6 octobre 2009 sort Sonic Boom, le premier album studio de Kiss depuis Psycho Circus en 1998. L’album se hisse à la 2e position des classements américains et fait également une excellente performance dans les palmarès du monde entier. La majorité des critiques s’entendent pour applaudir l’album. Ce dernier se veut un retour au son original du groupe dans les années 1970 selon les membres du groupe, mais les critiques ont plutôt parlé d’une espèce de mélange du son de toutes les époques de Kiss.

Le groupe Kiss effectue une tournée européenne en mai et juin 2010, Sonic Boom over Europe: From the beginning to the boom et joue en France le dimanche 20 juin 2010 au festival Hellfest à Clisson15.

Influences

Les membres de Kiss se sont dits influencés par bon nombre d’artistes et de groupes mythiques comme Alice CooperBlack SabbathMarc BolanDavid BowieCreamGrand Funk RailroadJimi Hendrix,Humble PieThe KinksLed ZeppelinThe New York DollsThe Rolling StonesSladeThe StoogesT. RexThe Who et The Yardbirds

Eux-mêmes devenus mythiques, ils ont influencés, d’une manière ou d’une autre, beaucoup de groupes dans les milieux du hard rock, du metal, et du rock alternatif comme Alice in ChainsAnthraxCrooked X,DeathstarsGuns N’ RosesHanoi RocksKing DiamondMarilyn MansonMegadethMetallicaMisfitsMötley CrüeNirvanaLordiPanteraPoisonQueens of the Stone AgeSkid RowSlayerSlipknot,SoundgardenSystem of a DownTwisted SisterW.A.S.P., et Rob Zombie/White Zombie Rammstein

Filmographie

  • En 1978, le groupe tourne Kiss contre les fantômes (Kiss meets the phantom of the park), film plutôt destiné aux enfants. Le succès est très relatif. Le film fut tourné dans le parc Magic Mountain en Californie.
  • En 1984, Gene Simmons tourne un film fantastique : Runaway – L’évadé du futur réalisé par Michael Crichton d’après son roman, et dans lequel il joue le « méchant » face à Tom Selleck. En 1987, il figure également à l’affiche du film policier de Gary Sherman Mort ou vif (Wanted dead or alive) avec Rutger Hauer. Il a aussi tourné dans le film d’action Stargrove et Danja, et fait une apparition dans l’épisode de la saison 2 de Miami Vice intitulé The Prodigal Son.
  • Kiss apparaît en concert dans la troisième saison de la série MillenniuM (1998) dans l’épisode Treize ans plus tard (Thirteen years later) qui relate la traque d’un tueur en série par l’enquêteur Frank Black (incarné par Lance Henriksen).
  • Peter Criss est apparu dans deux épisodes de la série carcérale Oz, interprétant le personnage de Martin Montgommery.
  • En 1998, Eric Singer enregistre pour la marque de percussions Pearl, une vidéo encore fournie avec les batteries de la firme en guise de « mode d’emploi ». Dans cette vidéo, on peut voir un de ses solos sur scène, et un autre fait pour la vidéo ; Singer donne des conseils pour les débutants et présente les différents produits de la marque.
  • En 1999 sort le long métrage Detroit Rock City, du nom de la chanson de Kiss, racontant les tribulations de quatre adolescents dans les années 1970 recherchant des places pour un concert de Kiss. Le groupe fait une apparition à la fin du film en interprétant la chanson titre. Cette séquence est également un résumé de la mise en scène des concerts de l’époque.
  • Un faux groupe ressemblant beaucoup à Kiss fait l’objet d’une publicité Coca-Cola. Cette publicité retrace leurs débuts en 1973 et explique avec fantaisie que le Coca-Cola a joué un rôle très important dans leur réussite. La musique du film publicitaire est un remix de I Was Made for Loving You, un de leurs plus grand succès d’avant 1980.
  • Une version dessinée de Kiss apparait également dans un épisode du dessin animé Scooby Doo ; cet épisode se déroule durant Halloween et les quatre membres du groupe y donnent un concert.
  • Gene Simmons interprète le criminel Donald Mann dans la série New York 911 saison 5, épisodes 21 et 22, et saison 6, épisode 1.
  • Il y a également des référence à Kiss dans la série « les Griffin » (Family Guy) du fait que Peter Griffin est un très grand fan du groupe. On les voit d’ailleurs aller à un concert de Kiss durant l’épisode 20 de la saison 3. De plus sa femme, Lois Griffin, a déjà couché avec l’un des membres du groupe quand elle était plus jeune, ce qui rend Peter très fier.
  • Gene Simmons apparaît en guest star dans un épisode de Ugly Betty
  • En 2010, le groupe apparait dans « la trilogie des souhaits » dans « Mes parrains sont magiques » dans lequel le groupe sont les « Gardiens de la baguette de feu ».

En DVD

  • Exposed est un DVD mélangeant interviews, clips et extraits de concerts (1987)
  • Konfidential & X-treme Close up est un DVD édition spéciale regroupant:
X-treme Close up (1992), un documentaire sur l’histoire du groupe du commencement jusqu’au début des années 1990 avec interviews, clips et extraits de concerts
Konfidential (1993), une vidéo contenant 13 morceaux live, backstage et interviews durant la tournée de l’album Revenge
  • Kiss Symphony est le DVD de la tournée du même nom (2003)
  • Rock The Nation Live! est le DVD de la tournée du même nom (2004)
  • Kissology est une série de DVD qui résume toute l’histoire de Kiss.
– Le premier volume est sorti en octobre 2006 (US) et en mai 2009 en France et couvre la période 1973-1977:

ce coffret contient 2 DVD + 1 DVD bonus, un livret de 20 pages et certaines versions contiennent une réplique du passe backstage du Kiss Spring Tour ’75. Il existe 3 versions de ce coffret, chacune contenant 1 DVD bonus différent.
– Le second volume est sorti en août 2007 (US) et en août 2009 en France et couvre la période 1978-1991:

ce coffret contient 3 DVD + 1 DVD bonus, un livret de 20 pages et certaines versions contiennent un ticket de Kiss and The Phantom of The Park. Il existe 3 versions de ce coffret, chacune contenant 1 DVD bonus différent.
– Le troisième volume est sorti en décembre 2007 (US) et sortira en 2010 en France et couvre la période 1992-2000:

ce coffret contient 4 DVD + 1 DVD bonus, un livret de 20 pages. Il existe 4 versions de ce coffret, chacune contenant 1 DVD bonus différent. La quatrième version ne devrait pas être disponible en France puisqu’il s’agissait d’une version disponible uniquement en pré-commande entre le 7 et le 8 décembre 2007 aux US.

Discographie de Kiss

Article détaillé : Discographie de Kiss.

Albums studio :

Produits dérivés de Kiss

Les membres du groupe Kiss sont connus pour leurs maquillages, leurs costumes et les concerts spectaculaires du groupe avec explosions, flammes, feux d’artifices, etc. Mais le groupe est également connu pour ses produits dérivés qui envahissent le monde en quantité industrielle. Selon Sandra O’Loughlin dans un article du magazine BrandWeek, « Kiss a licencé 2 000 produits dérivés en son nom, de la boîte à lunch et la bande dessinée aux cartes de crédit et aux condoms, devenant une marque évaluée à 1 milliard de dollars16 ».

C’est principalement Gene Simmons qui organise la création et la mise en marché des produits dérivés de Kiss. Comme il le dit dans son autobiographie Sex, Money And Kiss : Je trouve ça plaisant de voir mon visage sur des boîtes à lunch. C’est amusant. Je fais ça pour moi-même. Vous n’êtes pas obligé de l’acheter.

Liste des principaux produits dérivés

Flipper Kiss.

  • Figurines : En 1978, la compagnie de figurines de super-héros Mego a commencé à commercialiser des figurines d’actions des quatre membres d’origine du groupe. À partir de 1997, MacFarlane Toys a commercialisé différentes séries de figurines de Kiss : la première série était inspirée directement par les costumes de scène traditionnels, la seconde par les personnages développés dans la bande dessinée Psycho Circus. Plus récemment, la firme japonaise Medicom a mis en vente des figurines Kubrick et Bearbrick à l’image des membres originaux de la formation. PPW Toys a créé un Collector Set de quatre figurines de la marque Mr Potato Head représentant l’ensemble des membres de KISS. La société Japonaise Medicom a ajouté à sa gamme de figurine de 33 cm (échelle 1/6) appelée RAH (Real Action Hero) des versions de Starchild (Paul Stanley) et The Demon (Gene Simmons) portant les costumes apparaissant sur la pochette de l’album Destroyer de 1976.
  • Bandes dessinées : En 1977, Marvel Comics créé une bande-dessinée mettant en vedette les membres de Kiss comme super-héros. Elle fut pendant près de 10 ans la meilleure vente de bande-dessinée de Marvel. Afin de faire la promotion du lancement de la série, les membres de Kiss ont mélangé un peu de leur sang à l’encre rouge utilisée par l’imprimeur17. En 1979 est sorti une seconde bande-dessinée du groupe. Depuis 1997 sont sortis trois nouvelles séries de bande-dessinées de Kiss.
  • Préservatifs : En 2002, Kiss a commencé à commercialiser sa propre marque de préservatifs sous différentes variétés : « Love Gun Protection », « Tongue Lubricated » et « Studded Paul18 ».
  • DVD et VHS : Différents documentaires et vidéos de concerts en entiers ont été mis en vente par Kiss, d’abord en VHS puis en DVD. On compte notammentAnimalize: Live & UncensoredRock The Nation LiveKonfidential & X-Treme Close Up et la trilogie des Kissology, qui relate l’histoire du groupe avec les concerts marquants de l’histoire de Kiss. Très connu également, Kiss Meets The Phantom Of The Park sorti en 1978 et mettant en scène les quatre membres originaux de Kiss en tant que super-héros.
  • Jeux de société et de cartes : En 1978 est sorti le jeu de société Kiss On Tour. En 2003, c’est une variation Kiss du célèbre MonopolyKissopoly. En 2006 apparaît un jeu de carte appelé Got To Choose.
  • Kiss Kasket : De 2001 à 2006, Kiss a commercialisé un cercueil à son image. La personne la plus connue enterrée dans un cerceuil Kiss est le virtuose et guitariste du célèbre groupe PanterA, Dimebag Darrell.
  • Carte VISA : La banque FistUSA offre une carte de crédit Kiss Platinum VISA card19.
  • Cartes d’échange : En 1978, la compagnie Donruss commercialise des cartes de collection et d’échange de Kiss.
  • Jeux vidéo : Kiss: Psycho Circus: The Nightmare Child est sorti en 2000 et Kiss Pinball en 2001.
  • Kiss Him/Kiss Her : En février 2006, Kiss annonce qu’il lance une série des produits de beauté et de soins pour le corps comprenant savons, parfums, déodorants, etc. Il existe la marque Kiss Him pour les hommes et Kiss Her pour les femmes20.
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