Power metal


Le power metal est un terme qui a été employé de façons diverses et variées au cours de l’histoire du metal pour désigner différentes tendances stylistiques, parfois sans rapports directs entre elles1. Cependant depuis la fin des années 1990 l’emploi du terme power metal semble s’être cristallisé pour désigner principalement un des sous-genres du speed metal, à savoir le speed metal mélodique2. C’est cette acception du terme qui est la plus fréquemment utilisée, notamment dans la presse spécialisée2. En ce sens, le power metal est donc un terme utilisé pour désigner les groupes de speed metal qui, tout en gardant la grande vitesse de ce style, favorisent en plus un aspect mélodique et accrocheur, ainsi qu’une atmosphère épique. Les prémices de ce style musical ont été introduites par les groupes HelloweenGamma Ray et Blind Guardian à la fin des années 1980, mais ce n’est qu’au milieu des années 1990 qu’il est devenu un genre à part entière. Les textes de ces musiques se consacrent souvent à des thèmes fantastiques (démons, dragons, chevaliers, magie, etc…).

Le terme power metal reste malgré tout encore sujet à confusion, car il peut aussi être utilisé parfois dans d’autres sens. Ainsi, il arrive qu’on utilise le terme power metal pour designer des groupes de groove metal comme Pantera qui ont peu à voir avec le speed metal mélodique. Mais cet article abordera ici principalement le power metal dans son acception la plus répandue 2, à savoir le speed metal mélodique.

Sommaire

Power Metal

Dans les années 1980 le terme power metal ne désignait pas encore les groupes de speed metal mélodique. Helloween, à l’origine avec son premier Ep et son albumWalls of Jericho jouait du pur speed metal. Par la suite avec les albums Keeper of The Seven Keys Part I et Part II, le groupe s’est un peu plus adouci et a donné naissance à une forme plus mélodique du speed qui allait être plus tard désigné sous le terme de Power metal. À l’époque on appelait ce style indifféremment « speed metal », « speed mélodique », « heavy speed » voire simplement « heavy metal ». Ce n’est qu’à la fin des années 1990, avec l’arrivée d’une nouvelle vague de groupes de speed mélodique inspirés par Helloween, que le terme power metal a été employé pour désigner cette forme de speed.

Dans le milieu des années 1980, des groupes européens comme Accept (Allemagne), Helloween (Allemagne), Grave Digger (Allemagne), et Europe (Suède) ont mis encore plus d’attention sur le développement mélodique des chansons. Bien que principalement centré sur un style de heavy metal traditionnel, le groupe allemand Accept a joué un rôle prépondérant dans les premiers développements du power metal avec des chansons à la fois très rapides et très mélodiques comme « Fast As A Shark » ou « TV Wars » . Ce groupe a contribué à la création du speed metal, et tout particulièrement le power metal qui descend de ce genre. Helloween a mélangé des riffs de speed metal avec des riffs mélodiques et a rajouté des techniques vocales puissantes similaires à celles d’Iron Maiden (de cette manière, le son était plus propre). Ainsi, Helloween est largement considéré comme le premier groupe de power metal : leurs albums Keeper of the Seven Keys, Part 1 (en 1987) etKeeper of the Seven Keys, Part 2 (l’année suivante) sont un tournant important dans le genre. Au même moment, un groupe allemand nommé Pink Cream 69 sort son premier album, d’un genre hard/power. Son chanteur Andi Deris deviendra d’ailleur par la suite le chanteur d’Helloween. Après ces sorties d’albums, le « happy metal » (comme certaines personnes l’appelaient à l’époque) Européen s’était étendu à travers tout le continent (particulièrement en Finlande) et à travers le monde, bien qu’il soit particulièrement moins populaire aux États-Unis et dans d’autres pays Anglophones. Par contre, un grand festival connu sous le nom de Prog Power arrive tous les ans dans plusieurs pays comme le Royaume-Uni et les États-Unis et attire beaucoup de fans du genre.

Exemples: HelloweenManticoraStratovariusHammerFallGamma RayEdguySonata Arctica (dans ses premiers albums), DragonForceFreedom CallKamelot

Le power metal est influencé par des groupes comme QueenRainbowDioJudas Priest et Queensrÿche.

Aux États-Unis, le Power Metal a une signification plus ou moins différente : le style est plus proche du « gros son » Heavy Metal que du son plus mélodique du Speed européen. Le Power « européen » est toutefois représenté aux États-Unis avec le groupe floridien Kamelot, récemment apparu comme un des groupes phare du genre avec la sortie des albums Epica et The Black Halo. Après Kamelot, le groupe de power metalCellador, basé au Nebraska, a signé en août 2005 un contrat avec Metal Blade Records, signifiant le retour du style par un groupe local dans une maison de disques réputée aux États-Unis.

Exemples: ManowarVirgin SteeleSavatage

Sous-genres

On compte, aujourd’hui, plusieurs dérivés du Power Metal, à la fois européens et américains, voire sud-américains ou même japonais, qui sont apparus essentiellement durant les années 1990 :

Folk Power Metal

Exemples: ElvenkingSpellblastAlestormEquilibrium

Prog Power Metal

Exemples: StratovariusX-JapanSymphony XEvergreyAngraKamelotPyramazeFirewindMasterplanNevermore,Farsight …

Symphonic Power Metal

Exemples: NightwishRhapsody Of FireFairylandDark MoorEdguyPowerwolfAvantasiaDragons FightersPathfinderAmberian DawnSonata ArcticaCelestyDelain , Serenity , Tarot , Freedom Call,Dragonland,

Thrash Power Metal

Exemples: Iced EarthManticoraDemons & WizardsEclipse ProphecyDream Evil

Extreme Power Metal

Exemples : DragonForcePowerglove (s’en rapproche)

Caractéristiques musicales

Le power metal donne une importance primordiale aux atmosphères épiques et privilégie généralement une vitesse rapide (le genre prend ses racines dans le speed metal) et des mélodies se voulant accrocheuses. Tandis que la plupart des paroles de rock font référence au monde quotidien, aux expériences personnelles, ou aux incidents historiques; le power metal traite souvent des thèmes épiques, cosmologiques, oumétaphysiques. Beaucoup de chansons de power metal tirent leur inspiration de la religion, de la mythologie, de la science-fiction ou de la high fantasy, et ont tendance à être plus optimistes que dans la plupart des paroles de metal, avec des refrains puissants et réjouissants. Les parties vocales ont généralement recours au chant clair, par opposition au grunt, le chant caverneux utilisé dans le death metal. Les groupes de power metal ont souvent recours à des vocalistes entrainés qui ont suivi une vraie formation de chanteur. Suivant la tradition établie par Bruce Dickinson et Rob Halford, les chanteurs de power metal ont tendance à chanter à une hauteur plus aigue et souvent en fausset. La majorité des chanteurs du genre chantent au niveau des ténors avec la possibilité d’atteindre des notes en fausset (des exceptions notables étant le chanteur de Iced EarthMatt Barlow et le leader de SabatonJoakim Broden, qui chantent soit en baryton soit en basse). Quelques chanteurs, comme Hansi Kürsch de Blind Guardian et Matt Smith deTheocracy, enregistrent des voix multi-pistes qui peuvent rappeler le public de Queen. À cause de l’importance majeure de la technique vocale dans le power metal, les vocalistes peuvent faire soit le succès soit la ruine d’un groupe de ce genre et ne jouent généralement pas d’un instrument en chantant.

Les guitaristes et les bassistes de power metal jouent généralement des successions rapides de notes, mais changent d’accords relativement lentement, avec un tempo harmonique d’une fois par mesure ou plus lentement parfois. D’un autre côté, des solos de guitare exigeants et rapides sont presque toujours garantis.

Les batteurs de power metal privilégient fréquemment le recours à la technique de double pédale de Grosse caisse afin de construire des phrases rythmiques fulgurantes, le plus souvent en double croches sextuplées avec des accents de caisse claire sur le rythme.

Beaucoup de groupes jouent aussi avec un claviériste, mais les claviers ne sont pas généralement l’instrument le plus important dans la musique. Quelques groupes, comme le groupe Italien Rhapsody of Fire, ont aussi été connus pour avoir enregistré avec plus d’éléments symphoniques. Rhapsody of Fire appelle son style de musique « Hollywood metal« , soulignant sa ressemblance aux musiques de films modernes. « Hollywood metal » n’est cependant pas un sous-genre de metal à part entière, un seul groupe s’en réclamant.

Le power metal symphonique est plus populaire en Europe, au Japon, et dans certains pays d’Amérique du Sud, comme le Brésil, le Venezuela, l’Argentine ou encore le Chili, et a une popularité de plus en plus grande dans certaines parties de l’Amérique du Nord, notamment dans la province du Québec.

Histoire

Le power metal fut la forme de metal la plus populaire qui put survivre sans trop d’encombres après le déclin du metal des années 1990. Cependant, ses origines restent controversées :

  • Le terme « power metal » a été utilisé pour la première fois par Ron McGovney en 1982, bassiste de Metallica à l’époque : « C’est une drôle d’histoire. Je devais faire imprimer des cartes de visite avec le nom du groupe pour qu’on les envoie à des responsables de club avec notre démo. La carte devait juste comporter le logo de Metallica et notre numéro de téléphone. Mais j’ai trouvé que ça avait l’air trop quelconque, alors j’ai décidé de rajouter quelque chose sous le logo. Je voulais pas mettre ‘hard rock’ ni ‘heavy metal’, alors j’ai eu idée de mettre ‘power metal’. Je trouvais que ça sonnait bien. Pour autant que je sache, aucun groupe n’avait employé cette expression avant nous. »
  • Le terme « power metal » a été utilisé pour des groupes de « Warriors », c’est-à-dire des groupes ayant un son puissant et une imagerie guerrière, notamment Manowar (premier album Battle Hymns en 1982) etRunning Wild (premier album Gates to Purgatory en 1984).
  • Le terme « speed mélodique » a été lui utilisé pour Helloween (premier album Walls Of Jericho en 1985). À l’époque, cela semblait plus une émanation du thrash metal, que l’on appelait aussi speed metal, avec un accent mis sur la mélodie (ceci est notamment flagrant pour les premiers albums d’Helloween avec Michael Kiske au chant).

Actuellement, la tendance est plutôt à regrouper les deux branches, qui présentent de grandes similitudes.

On peut remarquer qu’au fil du temps le genre reste très discret et « underground » malgré sa popularité : des salles combles de 1500 personnes en Amérique du Nord, des arénas pleins à craquer en Europe et généralement, les groupes de power metal sont en tête d’affiche des plus gros festivals en plein air, notamment le désormais légendaire Wacken Open Air dans le Land de Schleswig-Holstein, en Allemagne (plus de 45 000 métalleux qui se réunissent sur trois jours de festivités).

Les différents thèmes

De nombreux thèmes sont abordés dans le power metal mais on peut en distinguer deux principaux, chacun spécifique selon la branche dont ils descendent :

  • Il y a d’abord les groupes de power metal épique qui prennent sources dans la « gloire » et la « force » des « frères d’armes », les héros qui tuent les dragons et libèrent la princesse… ce n’est pas là une description qui veut tourner ce genre à la dérision malgré son côté un peu « cliché ». Cette branche du power metal parle d’heroic fantasy, de dragons et de chevaliers. Toute cette gloire et cette ambition de sauver le monde font partie de Manowar. Il n’est pas rare que la « Gloire des Frères du Métal, unis par l’acier en fusion qui coule dans nos veines » soit en sujet. Des hymnes imposants et fortement « symphonisés » sont utilisés.
  • La deuxième branche se veut littéralement un descendant du style speed de Helloween. On parle de choses de la vie, d’amour, de guerres internes, de sentiments. On parle aussi souvent d’héroic fantasy (ex :Dragonforce) et parfois de cosmologie et science-fiction (ex : Gamma Ray). On opte pour des pièces plus ou moins courtes (dans les 4-5 minutes) voire parfois d’environ un quart d’heure (comme Helloweendans les keeper of the seven keys). Le power metal mélodique est plus doux, plus éthéré et plus facile d’accès, et parfois accusé à tort d’être commercial. Solistes et vocaux sont à l’honneur, des refrains faciles à retenir pour les fans et des sujets qui touchent tout le monde et pas seulement les amateurs de romans fantaisistes et de jeux de rôles.

Liste de groupes les plus notables

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commentaires
  1. Vous lirez sans doute avec intérêt notre chronique de Disc’Idéal sur le Planet e. d’Heaven’s Gate : http://zikworld.wordpress.com/2012/04/24/discideal-planet-e-heavens-gate/#more-1490

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