Tears For Fears


Tears For Fears (parfois abrégé en TFF) est un groupe britannique associé à la new wave, fondé au tout début des années 1980.

Le groupe a vendu plus de 25 millions d’albums à travers le monde (dont, par exemple, près de 10 millions pour les seuls États-Unis1 et plus d’un million et demi en France2). Il est à noter que leurs trois albums studio parus dans les années 1980 cumulent à eux seuls près de 20 millions d’exemplaires vendus.

La période faste pour Tears For Fears s’étend sur dix ans, de 1983 à 1993. Après cette date et cette décennie de succès, la formation subit une baisse d’audience certaine, même si le nom Tears For Fears reste encore présent dans les mémoires de millions d’amateurs de musique new wave/pop rock, à travers le monde[évasif][non neutre].

Durant sa carrière, le groupe a connu de nombreux hits mondiaux, dont les plus emblématiques restent sans doute Shout, Everybody Wants To Rule The World et Sowing The Seeds Of Love. Leur premier tube, Mad World, est également devenu un standard, en partie grâce à la reprise qui en a été faite, et qui a connu en 2003/2004 un grand succès international[réf. souhaitée].

Sommaire

Biographie

Groupe formé en 1981 à Bath (Angleterre) par Roland Orzabal et Curt Smith (tous deux nés en 1961), considéré à tort durant ses premières années d’existence comme un duo alors que les deux compères qui se connaissent depuis l’adolescence se sont adjoint rapidement les services de deux autres membres actifs, à savoir Ian Stanley et Manny Elias. Mais si l’on tient tout de même à cette notion de duo, on peut dire que durant les années 1984-1985, la vraie « paire créative » était plutôt constituée par Orzabal/Stanley. D’ailleurs, ce dernier multipliera ses activités en parallèle de TFF ainsi qu’après son départ, en produisant des artistes d’envergure internationale tels que Lloyd Cole and the Commotions, Tori Amos, The Human League ou encore A-ha et The Pretenders.

Graduate : les prémices du succès (1979-1981)

Aux origines, avant de connaître le succès à grande échelle avec Tears For Fears, Orzabal et Smith avaient intégré à la fin des années 1970 (alors qu’ils n’avaient pas encore 18 ans !) un groupe assimilé malencontreusement au mouvement ska baptisé Graduate3, en référence au film Le Lauréat (The Graduate en version originale) dont le groupe jouait souvent sur scène l’un des morceaux phares de la bande originale, Mrs. Robinson, interprété au départ par Simon et Garfunkel .

Ce groupe – signé par le célèbre label anglais Pye Records – produisit un album, Acting My Age, et notamment un single Elvis Should Play Ska (en rapport avec Elvis Costello et non Elvis Presley) qui manqua de peu le Top 100 en Angleterre, mais fonctionna mieux en Espagne4, aux Pays-Bas ou encore en Allemagne ; donnant alors déjà à Roland – chanteur principal de la formation – et Curt l’occasion de tourner dans plusieurs pays et de passer dans divers programmes de télévision, goûtant ainsi à une certaine notoriété.

Mais suite à des divergences d’opinion, les deux amis quittèrent ce groupe, rejoignant très brièvement une autre formation appelée Neon, où sévissaient les membres du futur Naked Eyes ainsi que Manny Elias et Neil Taylor (guitariste qui se joindra plus tard à TFF, de façon épisodique). Puis nos deux compères délaissèrent rapidement ce groupe, formant peu après History of Headache, finalement rebaptisé Tears For Fears en 1981.

Roland Orzabal – le vrai « leader » de TFF – donne ce nom (que l’on peut traduire en français, en gardant la rime, par « Pleurs De Peurs ») à sa formation en écho au psychothérapeute Arthur Janov et à sa théorie du Cri primal. Celle-ci dont John Lennon deviendra un adepte, a pour but de soigner les troubles psychologiques du patient et de l’en libérer en remontant à la source de son malaise, que peut parfois représenter symboliquement sa naissance. Il faut dire qu’Orzabal et Smith ont grandi dans des familles monoparentales, élevés par des mères qui devaient assumer seules un foyer.

Tears For Fears

Des débuts prometteurs (1982-1983)

Après les premiers singles Suffer the Children (fin 1981) et Pale Shelter (début 1982) qui passent inaperçus auprès du grand public, Tears For Fears connaît un énorme succès au Royaume-Uni avec le titre Mad World à l’automne 1982 (n° 3), extrait de leur premier album à venir. La machine est alors lancée et rien ne l’arrêtera.

Le 25 mars 1983, sort leur premier album intitulé The Hurting (la blessure) produit par Chris Hughes (ex-batteur d’ Adam and the Ants) et Ross Cullum ; celui-ci où dominent les synthétiseurs mais dans lequel sont également présents des instruments plus « classiques » tels que la guitare, la batterie, le piano et même le saxophone, est entièrement composé par Orzabal et évoque largement les souffrances de l’enfance, la recherche de soi et le désir de changement, sur fond des théories d’Arthur Janov ; en ce sens, ce disque peut être considéré comme un concept album. C’est un immense succès au Royaume-Uni (n° 1) – où il reste d’ailleurs classé dans les charts durant 65 semaines au total entre 1983 et 1985 – et un peu partout dans le monde (comme en Allemagne, en Australie, en Irlande, au Canada, en Nouvelle-Zélande ou encore en Afrique du Sud) grâce notamment à deux autres tubes internationaux, Change et une nouvelle version de Pale Shelter (tous deux classés au Top 5 au Royaume-Uni) ; profitant en outre de vidéo-clips plutôt réussis à l’atmosphère parfois étrange.

La consécration (1984-1986)

Après ces débuts très prometteurs, le groupe se perd un peu et il faut attendre fin 1984 pour voir TFF renouer avec le succès à grande échelle, grâce à ce qui peut être considéré encore aujourd’hui comme l’un des plus grands hits des années 1980, voire un titre légendaire : Shout. Ce morceau, composé par Orzabal aidé de Stanley, accroche rapidement le sommet des charts internationaux en 84-85 et devient ainsi n° 1 en Allemagne, en Australie, en Belgique, au Canada, aux Pays-Bas, en Suisse, etc. mais aussi, durant l’été suivant, aux États-Unis ; Shout se classera d’ailleurs au Top 10 dans 25 pays, tout au long de 1985.

En février de la même année est édité leur second album Songs from the Big Chair – produit par Chris Hughes et David Bascombe – qui remporte d’emblée un énorme succès en se classant n° 1 un peu partout sur la planète (dont les États-Unis un peu plus tard dans l’année, durant cinq semaines consécutives). Le titre de cet album est inspiré d’un téléfilm américain diffusé à la fin des années 1970 intitulé Sybil et qui a pour sujet le parcours d’une jeune femme souffrant de multiples personnalités, qui ne se sent en sécurité qu’auprès de son psychanalyste, sur ce qu’elle appelle « la grande chaise » (the big chair) c’est-à-dire le fameux divan, l’un des symboles typiques de la psychanalyse.

Ce succès est renforcé par la parution en mars 85 d’un autre 45 tours et nouveau tube mondial extrait de cet album, le très pop Everybody Wants to Rule the World. Celui-ci décroche rapidement la première place du podium aux États-Unis, alors friands de groupes new wave à la Duran Duran (ainsi que dans plusieurs autres pays dont le Canada et la Nouvelle-Zélande), et permet au disque dont il est issu de se vendre sur les terres américaines à plus de 5 milllions d’exemplaires, au fil des années qui suivent.

Les clips vidéos des chansons tirées de l’album sont alors diffusés en boucle sur la récente chaîne musicale MTV, faisant à ce moment-là de Tears For Fears (et de Roland et Curt, alors âgés d’à peine 23 ans !) un vrai phénomène. Et pour la petite histoire, Songs from the Big Chair est l’un des premiers albums à profiter du format Compact Disc (avec le Brothers in arms de Dire Straits, et les albums du Alan Parsons Project). Avec cette consécration, les années 1985-1986 sont en conséquence marquées par des tournées internationales incessantes.

En 1986, Tears for Fears soutient l’association Sport Aid (dérivée de Live Aid) avec un 45 tours, Everybody Wants to Run the World, qui est en fait une réécriture de leur chanson mythique Everybody Wants to Rule the World (cette dernière remporte d’ailleurs début 86, le titre de « meilleur single 1985 » aux Brit Awards5). Ce « nouveau » morceau décroche la cinquième place dans le Top 40 britannique (et la quatrième place en Irlande). Mais c’est aussi à la fin de cette période fructueuse que Manny Elias quitte le groupe et devient un musicien de studio apprécié, collaborant notamment avec des artistes tels que Peter Gabriel.

Changements de cap (1989-1996)

Après ce triomphe, il faut cependant attendre 1989 pour voir apparaître un nouvel album de TFF, The Seeds of Love, album pour lequel le groupe sollicite à nouveau le producteur David Bascombe (qui avait signé en partie la réalisation de Songs from the Big Chair). Ce nouveau disque est résolument orienté vers des musiques moins marquées par l’électro-pop des débuts et fait la part belle aux ambiances « jazzy » et « bluesy », avec notamment la participation sur certains titres – dont le célèbre Woman in Chains (classé au Top 30 au Canada, avec un grand succès au Québec, en France, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, etc.) – d’une chanteuse soul, Oleta Adams, rencontrée aux États-Unis durant les fameuses tournées 85-86 ; et dont Orzabal produira d’ailleurs avec succès le premier album solo.

The Seeds of Love (où l’on retrouve aussi Phil Collins et Manu Katché en tant que batteurs, et pour la dernière fois sur un album du groupe, Ian Stanley) est précédé du single très « beatlesque », Sowing the Seeds of Love, qui squatte le haut des classements mondiaux durant plusieurs semaines (n° 1 au Canada, n° 2 aux États-Unis et en Italie, n° 3 aux Pays-Bas, n° 4 en Irlande et en Nouvelle-Zélande, n° 5 au Royaume-Uni, n °8 en Suède, etc. ; réitérant ainsi quelque peu le succès de Shout). Et si les 45 tours suivants n’obtiennent pas le succès international escompté, l’album est tout de même une belle réussite commerciale, se vendant à plusieurs millions d’exemplaires, et se classant au Top 10 dans de nombreux pays (dont les États-Unis où ce disque atteint une bonne 8e place au Billboard 200).

C’est aussi à ce moment-là que les premières vraies tensions apparaissent entre Orzabal et Smith, le premier reprochant au deuxième de n’avoir contribué que de loin – ce qui n’est pas totalement faux – à « l’œuvre TFF ». Cela aboutit donc au départ officiel de Smith en 1991 qui se lance alors dans une carrière solo, sans grand écho.

Orzabal reste seul aux commandes – ce qui a d’ailleurs toujours été quelque part ainsi – et un nouveau membre du nom d’Alan Griffiths se joint à lui pour collaborer à la composition, à l’instrumentation et à la réalisation. Tears For Fears publie alors en 1992 une compilation (avec son tube Laid So Low (Tears Roll Down)), suivie de deux albums, Elemental en 1993 – qui contient le dernier hit en date, au niveau international, de Tears For Fears : Break It Down Again (classé au Top 25 en France, au Canada, aux États-Unis, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, etc.) – et Raoul and the Kings of Spain en 1995, qui ne rencontrent pas le même succès (surtout pour le dernier cité) que leurs mythiques prédécesseurs ; signant alors l’arrêt du phénomène Tears For Fears.

L’année suivante, une compilation de raretés et de faces B, Saturnine Martial & Lunatic, est éditée, sur laquelle on retrouve une extraordinaire reprise du Ashes to Ashes de David Bowie, magistralement interprétée par Orzabal ; puis, plus rien à part la réédition remasterisée des premiers albums et la parution de quelques compilations plus ou moins officielles…

Projets annexes (1999-2003)

… enfin, presque plus rien car en 1999, Roland Orzabal produit le premier album international, Love in the time of science, d’une artiste islandaise – d’origine italienne – jusque-là cantonnée dans son pays natal, Emilíana Torrini ; et en 2001 édite l’album Tomcats Screaming Outside sous son propre nom.

Puis en 2001, deux artistes américains, Gary Jules et Michael Andrews, reprennent leur premier tube Mad World dans une version qui est utilisée dans le film Donnie Darko, avec d’ailleurs un autre morceau de TFF, Head over Heels (sorti initialement en 1985, et classé à l’époque n° 3 aux États-Unis, n° 5 en Irlande, n° 8 au Canada et N° 12 en Grande-Bretagne). Cette reprise éditée en tant que single au Royaume-Uni y atteint la première place des charts durant trois semaines consécutives, fin 2003 ; et vaut indirectement au groupe son premier n° 1 sur ses propres terres, ce qui n’était jamais arrivé (meilleure place, n° 2 pour Everybody Wants to Rule the World en 1985).

Pour l’anecdote, ce titre avait également été repris par le chanteur Nicola Sirkis (du groupe français Indochine) sur son album solo Dans la lune…, paru en 1992.

Les retrouvailles

Et surprise, on annonce pour 2004 les retrouvailles d’Orzabal et Smith. Cela se concrétise par un nouvel album très inspiré intitulé Everybody Loves a Happy Ending (#45 au R.U. et #46 aux É.U.), suite musicale logique du The Seeds of Love de 1989 (leur dernier album ensemble) avec des titres très pop comme Closest Thing To Heaven ou Call Me Mellow. Cet album marque une contribution beaucoup plus importante de Curt Smith à l’écriture que par le passé. Une tournée mondiale s’ensuit en 2005 qui passa presque inaperçue en Amérique. Celle-ci passe par la France le 18 juin de cette année où le groupe (avec quatre autres artistes) donne un concert au Parc des Princes à Paris dans le cadre d’un festival organisé par une radio – Europe 2 – devant plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ce spectacle télédiffusé donne lieu à la parution début 2006 d’un album live (agrémenté de trois titres « studio » inédits) intitulé Secret world (CD et DVD) édité par la maison de disques française du groupe et principalement distribué, dans un premier temps, dans ce pays ainsi qu’en Belgique et en Suisse.

Plus récemment, le groupe a joué dans le cadre des Nights of the Proms en Belgique et aux Pays-Bas – parmi d’autres artistes – durant lesquelles il a pu interpréter quelques-uns de ses succès accompagné d’un orchestre philharmonique ; le même événement s’étant reproduit au printemps 2007 en France, où l’on a pu voir Roland Orzabal interpréter par exemple Woman in Chains en duo avec Lara Fabian, à Toulon.

En avril 2010, les Tears For Fears supportent un autre célèbre groupe pop/new wave des années 80, Spandau Ballet (récemment reformé), sur leur tournée de sept dates en Australie et en Nouvelle-Zélande ; avant d’être eux-mêmes la tête d’affiche d’une tournée de quatre dates en Asie du Sud-Est (Philippines, Singapour, Hong Kong et Taïwan), et de 17 dates aux États-Unis.

En juin de la même année, les artistes anglais Dizzee Rascal et James Corden ont édité à l’occasion de la Coupe du Monde de football 2010, le single Shout, sous le nom collectif de Shout for England6. Cet hymne non-officiel de la Coupe du Monde majoritairement basé sur des samples de la chanson Shout de Tears For Fears (et qui en reprend d’ailleurs le titre tel quel) s’est classé dès sa sortie n° 1 au Royaume-Uni, durant deux semaines consécutives7 ; et représente pour Tears For Fears son deuxième n° 1 indirect dans son pays d’origine, après la reprise de Mad World, en 2003.

Membres de la formation originale

Membres complémentaires

Discographie

Cette discographie concerne les albums et singles de Tears for Fears tels qu’ils ont été édités dans l’ordre chronologique au Royaume-Uni excepté pour les singles Mothers Talk (US remixed single), Elemental et Closest Thing to Heaven (première édition), ainsi que pour la compilation Shout: the very best of Tears For Fears et l’album Everybody Loves a Happy Ending (première édition) prioritairement sortis aux États-Unis, et exception faite de l’album Secret World, principalement sorti en France.

Albums & Singles

Live

Compilations et Best Of

Albums Solo

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